The Circle : une adaptation pour rien

J’ai vu il y a quelques jours l’adaptation d’un roman qui m’avait fait beaucoup d’impression, Le Cercle. Je vous en avais d’ailleurs parlé dans une précédente vidéo.

Je dois le reconnaître, je partais avec un a priori clairement négatif : Le Cercle me semblait assez difficilement adaptable en film, et la présence au casting de deux acteurs que j’éprouve rarement du plaisir à regarder (hormis dans La Belle et la Bête pour Watson et Philadelphia pour Hanks) me laissait dubitatif.

Le film présente un double défaut : vouloir reprendre le rythme lent et inquiétant du roman (pour finalement n’en garder que le côté lent, que des longueurs !) et adapter au forceps certains éléments d’intrigue pour être plus “grand public”. Je pense notamment à cette sorte d’happy end qui jure furieusement avec le roman, sombre, cynique, fataliste, avec sa fin très 1984, qui m’avait tellement plu et tellement déprimé à la fois.

Le livre avait l’intérêt d’une progression mi-amusante mi-angoissante dans cet univers semi-dystopique : on suivait Mae dans sa découverte du Cercle, ses coutumes, sa “transparence” absolue, ses codes sociaux, etc. Là, le caractère dangereux et inquiétant est évident de façon quasi immédiate, l’effet est donc très différent et, à mon sens, appauvri. Exit également la force du sort de Mercer. Adios les histoires sentimentales de Mae, qui expliquent en grande partie ses liens avec les personnages qui gravitent autour d’elle, comme Ty par exemple. Je suis d’autant surpris par la platitude du film que Dave Eggers lui-même en est le co-scénariste. J’ai du mal à accepter le fait qu’il ait souhaité qu’on charcute son histoire de cette façon.

Quant aux deux acteurs principaux, ils sont constamment dans le sous-jeu, hormis quelques fulgurances pour Emma Watson, notamment dans sa dernière scène avec Mercer.

Bref, il est curieux d’avoir voulu dénoncer les dangers et les ravages d’une société transparente et aseptisée pour, finalement, sortir un film auquel ces deux derniers adjectifs correspondent parfaitement. Je vais rapidement me replonger dans le bouquin histoire de ne pas garder comme souvenir du Cercle son adaptation fade et tiédasse.